« CRIMINELS CLIMATIQUES » SORT DE L'OMBRE LES ENTREPRISES LES PLUS POLLUANTES AU MONDE

Dans cet essai, Mickaël Correia, journaliste à Médiapart, révèle les limites de l’action individuelle face à Energy China, Saudi Aramco ou encore Gazprom. A lire de toute urgence… climatique. 

Avec ce livre, le mythe du colibri prend du plomb dans l’aile. A quoi bon s’évertuer aux petits gestes pour sauver la planète - trier ses déchets, manger moins de viande, se déplacer en vélo, etc. - quand Total régurgite plus de gaz à effet de serre que l’ensemble des Français réunis.

Publié aux éditions La découverte en janvier 2022, cet essai renforce la prise de conscience écologique. Imaginez. Même si tous les Français devenaient de parfaits « écolos », nous réduirions d’un quart seulement nos émissions nationales de carbone. Le reste du chemin restant doit être franchi par ces entreprises, véritables « criminels climatiques ».

CriminelsClimatiques
© Quentin Ebrard / Demain en mains

Qui sont-elles ? Dans son enquête au long cours, Mickaël Correia, journaliste à Médiapart, lève le voile sur trois multinationales parmi les plus climaticides de la planète : Saudi Aramco, Gazprom et Energy China. Le connaissez-vous ? Probablement non. Et pourtant…

La première, saoudienne, productrice de pétrole et de plastique, reste l’entreprise la plus rentable au monde devant Apple et Microsoft. Entre 1988 et 2015, elle a relâché trois fois de plus de gaz à effet de serre que toute la France, rappelle l’auteur.

La seconde, l’entreprise russe Gazprom, tient l’Europe à sa merci via ses fameux gazoducs « Nord Stream ». Elle fournit près de 40% du gaz à Engie par exemple. Cette matière fossile, lorsqu’elle s’échappe (ce qui arrive souvent), est 28 fois plus polluante que le CO2.

Enfin, la troisième : China Energy. Ce géant du charbon étend ses tentacules et ses centrales électriques ultra-polluantes en Asie et en Afrique. Pour preuve, plus 40% d’installations sur la planète entre 2002 et 2018.

Lobbying, mon amour

Ces multinationales rivalisent d’ingéniosité pour se racheter une moralité. Elles masquent leur identité de fossoyeurs de la planète. Comment ? A coût d’opérations de plantations d’arbres, de sponsorisation de grands clubs de football ou encore de représentants d’intérêts (lobby) dans tous les pays. Tout est bon pour que les affaires continuent comme d’habitude.

Plus grave encore : le « revolving door », ou comment s’offrir des politiques sur un plateau. Un exemple symbolique ? Juste après avoir quitté le pouvoir dans les années 2000 (et avoir soutenu un projet de gazoduc russo-allemand de Gazprom), le chancelier Gerhard Schröder a rejoint le conseil d’administration de… Gazprom. Une pratique courante, grassement rémunérée.

Et après, on demande à chacun d’apporter sa goutte d’eau pour éteindre l’incendie…

 

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